vendredi 17 novembre 2006

Réveil

Je me réveille ce matin, la tête en vrac, dans un environnement étranger.
Aucune idée de l’endroit où je suis ni de la façon dont j’y suis arrivée. Etrange.
Des parfums et des sensations inconnues également. J’ai beau chercher je ne me souviens pas d’être sortie hier soir, ni d’avoir pris une caisse tellement énorme que je serais rentrée avec un inconnu…
Pourtant c’est bien un inconnu qui ronfle à coté de moi… Merde…
Je me lève sur la pointe des pieds, je vais me rhabiller et me barrer vite fait. A moins que je ne réveille ce type ? Pourquoi ? Pour demander s’il a du café ? ou pour lui demander son nom, tiens, j’aurais l’air maligne de ne pas le connaître ! J’ai dû faire trop de bruit il se réveille, ouvre les yeux.
« Bonjour mon cœur, déjà levée ? »
Mon cœur ?! Comment ça mon cœur ? il est pas un peu rapide lui ?!
« Heu… Salut, désolée je ne voulais pas te réveiller, je.. tu prends un café ? »
« Oui oui, mais t’inquiètes pas je vais le faire ! »
Ça tombe bien, je ne sais pas où est la cuisine… !
J’enfile une chemise attrapée au passage et je le suis, on sait jamais, je me souviendrais peut-être de quelque chose. J’espère.
Je le suis, donc, à travers l’appartement. La cuisine a de grandes baies vitrées par lesquelles on aperçoit ce qui ressemble à un jardin. J’ai vu un escalier aussi dans le couloir, donc soit c’est un énorme duplex soit c’est une maison… Et des maisons, à Paris, c’est pas courrant… Où est-ce que je me suis encore fourrée ?!
L’endroit est sympa. Un peu froid peut être, mais j’aime bien les couleurs. IL passe dans la pièce à coté, me passant la main dans les cheveux au passage. Je déteste qu’on me tripote les cheveux ! Je le suis et entre dans le salon. Je ne sais pas trop quoi lui dire, je suis mal à l’aise, d’autant plus que lui semble trouver cette situation très naturelle. Je scotche un peu sur mon café, j’avoue. Et je réalise soudain qu’il est préparé exactement comme j’ai l’habitude de le boire, ça n’en a pas l’air comme ça mais c’est très étrange, parce que la « mixture » que je bois le matin n’a plus grand-chose à voir avec l’idée du café. Du moins en France, parce qu’en Italie c’est une boisson courante. Un « caffè latte » cafélate comme disent les serveurs et mixture ou truc comme disent mes collègues. Bref, il semble savoir ça. Parce qu’il ne m’a rien demandé. Ou alors ça aussi, je l’ai oublié… J’en pleurerais presque de rage, j’ai l’impression d’être soudain devenue amnésique… Mes yeux accrochent une photo au mur, on dirait une photo de ma mère… ! Je m’approche et finalement non, ce n’est pas ma mère, même si elle lui ressemble drôlement de loin.
Il y a du bruit à l’étage, une cavalcade dans l’escalier. Un chien ? Non, j’entends crier et rire, ce sont deux enfants qui déboulent devant moi, mince, il est gonflé ce type de ramener une nana chez lui alors que ses enfants sont là, j’appréhende un peu leur réaction… Le plus petit m’aperçoit, aïe, il court vers moi, et me saute dans les bras :
« Maman !! Et bah tu sais quoi, j’ai rêvé d’arc-en-ciel !!!! »