vendredi 30 juin 2006

Une gare. Mai

Vendredi soir ou samedi matin, selon.
A la gare… Comme si ma vie ne tournait qu’autourd de cet endroit.
Les cafés sont mauvais dans les gares, ils ont un goût d’adieu.
Je ne sais plus si j’arrive ou si je pars, si j’accompagne ou voyage.
D’ailleurs où suis-je ?
Dans quelle ville, quelle gare ?
Il fait chaud à Paris les gens sont énervés, dans quelques heures je serais à la plage. Je fuis la chaleur et mes conneries. Je fais tout pour perdre ce que j’ai. Comment puis-je dire que ce n’est pas exprès ? Pourtant…
Mais le petit chat est toujours mort. Je ne sais pas construire, je suis née pour détruire.
Delenda. Un vampire amoureux d’une marionette, c’est moi finalement, et les montres indiquent toujours la même heure : Trop tard.
Je pensais pourtant être arrivée. Qui suis-je vraiment ? Pourquoi ? Rien ne change jamais. « Il est mort le soleil » chante la radio. Pourtant il ne m’a pas quittée. Pas encore. Mais bientôt. Ils me quittent tous quand ils comprennent qui je suis.
Je suis Delenda.
« veni dulci amica mea.
Cam Qua iocari suaviari.
Et teneras delicas sumere.
Et in amore finire. »
Ça aussi c’est moi.
Tout ça n’est pas réel. Tout ça n’est pas réel. Rien n’existe réellement. Je n’existe pas. Je ne l’ai jamais rencontré et je ne le détruirais pas. Je ne suis pas réelle. Rien.
Tout arrêter. Arrête. Pour revenir cinq minutes en arrière. Il ne s’est rien passé. Arrête. Arrête. ARRETE ARRETEARRETEARRETE. 5 minutes. Juste ça. « It’s not important how you want or need it. The past has just to remain it. Just That. The past. »
Delenda. Je vais rater mon train.





Plus tard. Il est midi. Beaucoup de larmes et de cris. Il m’a quittée.

mercredi 28 juin 2006

En terrasse. Janvier

Cette ville est en train de mourir.

L’hystérie collective que l’on remarque depuis maintenant plus d’un mois semble être le dernier sursaut d’énergie avant la fin.
Cette ville nous détruit, nous rend fous, absurdes. Décadence. Ce dernier sursaut prend la forme d’une immense partouze abjecte et honteuse.
Les seuls symboles reconnus ici sont la drogue, l’argent, le sexe et l’alcool. Je suis prise dans cette descente aux enfers. Je me mèle à eux, pour lui, par Lui, en Lui, je le cherche à chaque instant. Je sens sa présence sur moi mais où est il réellement ?
Et, surtout, de nous deux, lequel est il ?
Je ne sais déjà plus différencier la réalité de mes délires nocturnes, ainsi : qu’ais-je vraiment fait ou dit ? Qui, ici, est réel ? Et moi ?
La voix d’une femme a chanté toute la nuit en italien la mort d’un oiseau.
Ses bras étaient autourd de moi, me serraient, enfin, avec cette force que j’espérais, mais venant de Lui chaque sentiment est feint.
D’où me vient cette sensation de me perdre un peu plus chaque jour ? Il me semble être en train de mourir à petit feu sans vouloir l’admettre, il est chaque jour plus fatigué, il s’abrutit de femmes, d’alcool, de drogues. Que cherche t’il ? pourquoi détruit il tout ce que nous sommes pour recommencer à chaque rencontre ?
Il pleure dans son sommeil et je ne sais le consoler.
Mélancolie. J’aurais voulu graver dans la pierre chaque instant de nous. Mélancolie. L’un d’entre nous existe il réellement ?

lundi 26 juin 2006

Dans le train. Décembre

Quand on est assis dans le sens de la marche on peut avoir la sensation d’aller vers quelque chose. Moi, hier, assise dans l’autre sens, il me semblait tout quitter.
J’habite une ville con, sacrée.
Pas encore 24 heures et je suis déjà vidée.
J’ai fait un tour en ville, hier soir, je l’ai vue vide, agonisante, noyée dans la brume, personne, il n’y avait personne, elle semblait abandonnée, ville morte.
Je ne suis plus d’ici et pas encore de là bas.
Le petit chat est mort.
Je n’ai pas pu dormir chez moi _ mais est-ce encore chez moi ?
J’avais trop peur de ne pas le voir.
Je suis vide . de sentiments, d’envies. Vide du matin froid dans la brume.
J’agonise en même temps que cette ville que j’éxècre mais vers laquelle je reviens toujours.
Certains vers me reviennent sans cesse en mémoire :
« L’amour est morte/ ce sont amis que vent emporte/ Et il ventait devant ma porte/ Les emporta »
Tout est là.
C’est après mon enfance, ma vie, celle qu’on m’a volée que je cours ainsi.
Mon soeul vœux, chaque nuit quand je m’endors, est de pouvoir remonter le temps avant que tout cela n’arrive, avant qu’il ne soit trop tard.
Cette nuit dans les bras d’un homme j’ai cherché une fois de plus à retrouver cela, mais il ne suffit pas de refaire les mêmes gestes.
Je ne suis plus là. Si loin de moi déjà. Les mots s’effritent comme les vieux murs.