Juillet 19…
Je suis morte il y a 5 jours.
Je ne suis pas même sûre d’avoir jamais eu une existence tangible.
J’étais peut être juste un reflet dans un miroir terni, une ombre fugace, un rêve qu’on oublie avant même d’en avoir pris conscience.
Je suis morte il y a 5 jours. Je suis tombée d’une falaise, l’eau était si froide que j’en ai eu le souffle coupé. Il y avait un cerf volant et quelqu’un qui riait. J’étais allongée sur le sable, le feu d’artifice, au loin, tonnait comme autant de coups de canon saluant mon départ, je le sentais vibrer dans chacune de mes veines… Et ce rire immonde, encore et encore, qui me vrille les tympans et me donne envie de vomir, mais je ne peux même pas vomir, je n’ai que de l’alcool dans l’estomac, du whisky avec un goût de savon, et une haine profonde, qui se diffuse dans mes veines, qui me remplit, me submerge, et sa voix dans mon oreille, me susurrant qu’il ne sert à rien de crier puisque je n’existe pas, je ne suis rien, rien.
Et je suis morte .
J’étais là, à me regarder allongée sur le sable, à regarder ce pauvre petit rien qui ne se défend même pas, derrière moi j’entendais les autres rire et chanter autours du feu, plus loin le fracas du feu d’artifice dont les lumières allumaient des reflets de sang sur la mer, et le murmure des vagues. J’étais là, à me regarder pleurer sans larmes et hurler sans cris, puis j’ai levé les yeux et vu le cerf volant, j’ai attrapé la ficelle pour qu’il m’emmène loin, très loin, mais arrivée au dessus de la falaise j’ai ouvert la main et je suis tombée.
Droit dans l’eau rougie par les lumières, comme un caillou.
Un petit caillou de rien du tout.
Dans l’eau.
Et j’ai ouvert les yeux.
J’étais toujours sur le sable, allongée sur le sable glacé, le feu d’artifice était terminé, tout était terminé, comme si rien n’était jamais arrivé, il m’a attrapée par le bras pour me relever et m’a embrassé la bouche en me maintenant fort contre lui, puis on a rejoint les autres autours du feu. Ils n’avaient rien remarqué. Il ne s’était rien passé. Rien.
Sauf que j’étais morte.
lundi 3 juillet 2006
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5 commentaires:
décidément, elles ont pas de bol les Alice.
Patience, Laurent, aprés le manque de bol on aura les merveilles
Rien n'est moins sûr... La mienne est morte sous la neige :-(
mie Mo .... j'ai aimé beaucoup celui là... mais ça tu le sais dejà .... :)
Merci MaMicka !
c'est aussi un peu pour ça que je l'ai mit...
;)
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