Il y a des matins où on se lève et on se dit « stop, ça suffit comme ça »
Il y a des matins où on se dit que de toutes façons il faut bien continuer.
Ce matin, comme dirait l’autre, il est grand temps de rallumer les étoiles
Oui, il a raison. Il est temps.
Faut juste que je les trouves les étoiles, parce que c’est pas le tout de les rallumer.
En plus il en manque une, que le petit cochon a mangée et qui est toujours chez Papa Saïd.
Alors, oui, je vais rallumer les étoiles,
Un jour.
Quand je les trouverais.
En attendant je vais vous raconter une histoire…
Il était une fois une petite ombre qui n’était accrochée à rien. La petite ombre était bien triste de n’avoir pas de propriétaire, alors un jour elle décida de partir à travers le monde pour en trouver un.
Le premier jour, la petite ombre rencontra un canard et s’accrocha à ses pas.
« Que fais tu ? » demanda le canard « ben, je suis ton ombre ! » répondit la petite ombre
« tu ne peux pas être mon ombre, dit le canard, regardes, tu n’as pas d’ailes !! »
Alors la petite ombre s’en alla.
Le lendemain, la petite ombre rencontra un chat et s’attacha à ses pas.
« Qui es tu ? » demanda le chat « ben, je suis ton ombre ! » répondit la petite ombre
« tu ne peux pas être mon ombre, dit le chat, regardes, tu n’as pas de queue !! »
Alors la petite ombre s’en alla, elle étais bien triste de ne pas être une ombre de chat.
La petite ombre rencontra une girafe, mais son cou était trop court.
Une souris, mais elle était trop grande.
Un éléphant, mais cette fois elle était trop petite.
La petite ombre ne courrait pas assez vite pour le léopard, ne grimpait pas assez bien dans les arbres pour le singe, ne pouvais pas suivre l’aigle de si haut et n’avais pas de carapace ou de piques comme la tortue et le hérisson.
La petite ombre avait presque terminé son tour du monde mais elle n’avait toujours pas trouvé de qui elle pouvait être l’ombre.
Un jour, elle arriva dans un village où il n’y avait pas de lumière.
Aucune lampe, aucun feu, pas même une bougie. La lune elle même étais cachée par d’énormes nuages noirs. La petite ombre se dit qu’ici, au moins, on ne la remarquerait pas, en tous cas jusqu’au matin, et qu’elle pourrait se reposer un peu.
Elle se posa au pied d’une fontaine et s’endormit.
A son réveil, il faisait toujours nuit. La petite ombre s’en étonna car elle pensait avoir dormi longtemps, mais elle vit que les habitants du village étaient levés, et vaquaient à leurs occupations comme en plein jour.
La place du village était tellement noire que tous les habitants semblaient être des ombres, aussi la petite ombre osa aborder l’un d’eux : « pourquoi fait-il aussi sombre ici ? Le soleil ne se lève t’il donc jamais ? » « non, répondit le villageois, le roi a fait promettre au soleil de ne jamais se lever sur le village, et à la lune de ne jamais se découvrir » la petite ombre était très étonnée : « mais pourquoi ? est-ce que le roi n’aime pas la lumière ? » « Oh, si, lui répondit le villageois, notre roi aimait beaucoup la lumière autrefois. Mais une sorcière a jeté une malédiction à son fils : elle lui a volé son ombre et l’a envoyé à l’autre bout du monde en lui ôtant tout souvenir, de sorte que cette ombre ne sait pas elle même qu’elle est celle du prince ! ». La petite ombre fut touchée de cette histoire, elle était triste pour le prince qui avait perdu son ombre, et plus encore pour l’ombre du prince, qui devait errer de par le monde à la recherche de son propriétaire, tout comme elle.
Alors la petite ombre décida d’aller voir le roi pour lui proposer de l’aider à retrouver l’ombre du prince. Arrivée devant le palais, elle se glissa entre les gardes, puis se faufila sous la porte, hop ! ni vu ni connu, elle se retrouva devant le roi. La salle du trône était elle aussi plongée dans la pénombre, aussi le roi ne pouvait pas la voir. La petite ombre se posa doucement sur l’accoudoir et chuchota à l’oreille du roi « Majesté, je vous offre mes services pour retrouver l’ombre du Prince » le roi sursauta, il n’avait entendu entrer personne pourtant ! « Mais qui est là ? » Demanda t’il, « Je suis moi même une ombre, répondit la petite ombre, et comme telle je peux parcourir le royaume jusqu’à l’autre bout du monde, interroger les ombres des animaux et des plantes pour savoir si l’une d’entre elles a aperçut l’ombre perdue du prince »
« Si vous pouvez faire ça mon royaume est sauvé, s’écria le roi » et il fit appeler le prince pour que la petite ombre prenne ses mesures. Il ne faudrait pas que la petite ombre se trompe et que le prince se retrouve avec une ombre de chat !
Mais soudain, lorsque le prince arriva, la petite ombre sentit un fourmillement dans ses pieds, et elle se retrouva à glisser, glisser, glisser sur le sol, glisser jusqu’aux pieds du prince où elle se retrouva accrochée sans moyen de se défaire. C’était très ennuyeux car si elle était collée au prince elle ne pourrait pas partir à la recherche de son ombre ! le roi essaya de la décoller, impossible ; les gardes essayèrent sans plus de résultats, alors le chambellan décida d’allumer une bougie, se disant que ce serait plus facile de défaire les nœuds avec un peu de lumière.
Il alluma la bougie, et alors tout le monde pu voir que la petite ombre était la réplique exacte du petit prince ! le prince n’avait pas d’ailes comme le canard, pas de queue comme le chat, pas de long cou comme la girafe. Il était plus petit que l’éléphant et plus grand que la souris.
Il courrait moins vite que le léopard et ne pouvais pas voler comme l’aigle. Et enfin, il n’avait ni carapace ni piquants, il était en tous points semblable à la petite ombre !
Le roi, le chambellan, les gardes et le prince étaient médusés, c’était un miracle, se pouvait il que la petite ombre soit celle que le prince avait perdue ?
Le prince leva la main gauche, la petite ombre fit de même. Il leva la jambe droite, la petite ombre en fit autant. Le prince sauta à pieds joints, fit une pirouette, dansa et courra à travers la pièce, à aucun moment la petite ombre ne se détacha. Alors le prince s’arrêta devant son père et sourit, oui, ça y est, il avait retrouvé son ombre !
Le lendemain, le soleil pu enfin se lever sur le village.
Et la petite ombre savait enfin qui elle est.
Comme quoi…
lundi 31 juillet 2006
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5 commentaires:
Voilà un bien joli conte plein d'espoir. Si tu continues, il va bientôt falloir changer la couleur de fond de ce blog, méfie-toi, Mo.
En lisant ce texte, on a qu'une envie : retourner en enfance et rêver...
Cette écriture te va tellement mieux...
...Un illustre inconnu que tu connais bien...
C'est superbe, je vous préfère ainsi . Voilà une belle histoire à raconter aux bb, le soir . Comme la " grenouille à la grande bouche " on peut varier la longueur selon l'humeur ou l'heure, tardive ou pas .
J'aime vraiment beaucoup cette histoire d'ombre . Merci de l'avoir partagée avec nous ...
merci !
J'ai peut être trouvé un illustre illustrateur
:o)
quand à changer la couleur du blog, non, pas pour le moment !
;o)
je vois avec ikua pour les illustrations?? par contre on fera quelques modifs dans l'histoire...
:P
je déconne bien sur
'tain c'est pas mal du tout n'empeche !
c'est de qui ??? :D
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