(Descente à Marseille Version 1)
Hier, _n'était ce donc qu'hier?_ j'ai eu soudain un grand besoin d'air.
Je suis allée à la gare et suis montée dans un train.
Terminus: une ville au bord de l'eau.
Forcément, les trains ne sont pas amphibie, la ligne s'est arrêtée. Le train aussi. Je suis descendue.
Il faisait chaud là bas, au terminus, au bord de l'eau, alors j'ai enlevé mon écharpe, mon bonnet et mes gants, mon manteau et mes bottes et je suis restée là un moment, à sentir le soleil me décongeler du bout du nez aux gros orteils.
Une voiture est arrivée, alors j'y suis montée.
Le pilote (Chauffeur ? Conducteur ? Capitaine ?) portait de grandes lunettes noires, comme un masque qui lui cachait le visage. On a roulé dans la ville terminus du bord de l'eau, on l'a traversée, puis dépassée. On était presque tout au bout, la voiture ne pouvait plus avancer, alors on est descendus.
J'ai suivi mon guide, on a grimpé sur une montagne brisée qui aurait fait une très belle maison parce qu'il y avait déjà la terrasse et où un homme chevauchant une moto folle tournait en rond pour nous croiser à chaque virage. D'en haut, on avait une vue plongeante sur une île où vivent des chèvres _ comment sont elles arrivées là ? à la nage ? et pourquoi ?_ je n'en ai vu aucune mais il paraît qu'elles font le tour pour bronzer alors c'est normal. Au sommet, j'ai trouvé un caillou bleu.
Derrière la montagne cassée, on l'a enfin aperçue:
elle était là, toute droite, toute seule, La Dernière Maison Avant La Fin Du Monde.
Mon guide a bien voulu m'y emmener alors on est partis, à la maison du bout du monde.
Il y avait tellement de vent qu'on aurait pu s'envoler rien qu'en ouvrant les bras.
On a marché, longtemps, mais plus on avançait et plus la maison semblait s'éloigner, comme si le chemin s'allongeait. Au bout d'un moment, il n'y avait plus personne. Nous étions comme seuls au monde, les dernières personnes vivantes, marchant vers la dernière maison, jusqu'à ce qu'on croise un groupe de touristes _ceux avec un appareil photo qui leur pousse sur la poitrine_ puis une voiture parce qu'on était arrivés à une route qui conduisait à un village accroché à flanc de colline.
On ne voulait pas traverser le village, alors on a fait le tours par la falaise, par le chemin des contrebandiers, mais je suis tombée dans un jardin, alors on a ouvert la grille et on est allés prendre un café.
dimanche 25 mars 2007
vendredi 16 février 2007
hahaha ! prend ça, Big !
![]() | |
| Indiana Jones : 76% Tu aimes l'aventure, et détestes le quotidien. | |
| Néo (Matrix) : 75% | |
| Batman / Bruce Wayne : 74% | |
| James Bond : 73% | |
| Hannibal Lecter : 73% | |
| Maximus (Gladiator) : 72% | |
| Eric Draven (The Crow) : 71% | |
| Yoda (Star Wars) : 70% | |
| Jim Levenstein (American Pie) : 70% | |
| Tony Montana (Scarface) : 68% | |
| Forrest Gump : 66% | |
| Schrek : 59% |
Quel héros de film es-tu ?
Et vous ?
vendredi 17 novembre 2006
Réveil
Je me réveille ce matin, la tête en vrac, dans un environnement étranger.
Aucune idée de l’endroit où je suis ni de la façon dont j’y suis arrivée. Etrange.
Des parfums et des sensations inconnues également. J’ai beau chercher je ne me souviens pas d’être sortie hier soir, ni d’avoir pris une caisse tellement énorme que je serais rentrée avec un inconnu…
Pourtant c’est bien un inconnu qui ronfle à coté de moi… Merde…
Je me lève sur la pointe des pieds, je vais me rhabiller et me barrer vite fait. A moins que je ne réveille ce type ? Pourquoi ? Pour demander s’il a du café ? ou pour lui demander son nom, tiens, j’aurais l’air maligne de ne pas le connaître ! J’ai dû faire trop de bruit il se réveille, ouvre les yeux.
« Bonjour mon cœur, déjà levée ? »
Mon cœur ?! Comment ça mon cœur ? il est pas un peu rapide lui ?!
« Heu… Salut, désolée je ne voulais pas te réveiller, je.. tu prends un café ? »
« Oui oui, mais t’inquiètes pas je vais le faire ! »
Ça tombe bien, je ne sais pas où est la cuisine… !
J’enfile une chemise attrapée au passage et je le suis, on sait jamais, je me souviendrais peut-être de quelque chose. J’espère.
Je le suis, donc, à travers l’appartement. La cuisine a de grandes baies vitrées par lesquelles on aperçoit ce qui ressemble à un jardin. J’ai vu un escalier aussi dans le couloir, donc soit c’est un énorme duplex soit c’est une maison… Et des maisons, à Paris, c’est pas courrant… Où est-ce que je me suis encore fourrée ?!
L’endroit est sympa. Un peu froid peut être, mais j’aime bien les couleurs. IL passe dans la pièce à coté, me passant la main dans les cheveux au passage. Je déteste qu’on me tripote les cheveux ! Je le suis et entre dans le salon. Je ne sais pas trop quoi lui dire, je suis mal à l’aise, d’autant plus que lui semble trouver cette situation très naturelle. Je scotche un peu sur mon café, j’avoue. Et je réalise soudain qu’il est préparé exactement comme j’ai l’habitude de le boire, ça n’en a pas l’air comme ça mais c’est très étrange, parce que la « mixture » que je bois le matin n’a plus grand-chose à voir avec l’idée du café. Du moins en France, parce qu’en Italie c’est une boisson courante. Un « caffè latte » cafélate comme disent les serveurs et mixture ou truc comme disent mes collègues. Bref, il semble savoir ça. Parce qu’il ne m’a rien demandé. Ou alors ça aussi, je l’ai oublié… J’en pleurerais presque de rage, j’ai l’impression d’être soudain devenue amnésique… Mes yeux accrochent une photo au mur, on dirait une photo de ma mère… ! Je m’approche et finalement non, ce n’est pas ma mère, même si elle lui ressemble drôlement de loin.
Il y a du bruit à l’étage, une cavalcade dans l’escalier. Un chien ? Non, j’entends crier et rire, ce sont deux enfants qui déboulent devant moi, mince, il est gonflé ce type de ramener une nana chez lui alors que ses enfants sont là, j’appréhende un peu leur réaction… Le plus petit m’aperçoit, aïe, il court vers moi, et me saute dans les bras :
« Maman !! Et bah tu sais quoi, j’ai rêvé d’arc-en-ciel !!!! »
Aucune idée de l’endroit où je suis ni de la façon dont j’y suis arrivée. Etrange.
Des parfums et des sensations inconnues également. J’ai beau chercher je ne me souviens pas d’être sortie hier soir, ni d’avoir pris une caisse tellement énorme que je serais rentrée avec un inconnu…
Pourtant c’est bien un inconnu qui ronfle à coté de moi… Merde…
Je me lève sur la pointe des pieds, je vais me rhabiller et me barrer vite fait. A moins que je ne réveille ce type ? Pourquoi ? Pour demander s’il a du café ? ou pour lui demander son nom, tiens, j’aurais l’air maligne de ne pas le connaître ! J’ai dû faire trop de bruit il se réveille, ouvre les yeux.
« Bonjour mon cœur, déjà levée ? »
Mon cœur ?! Comment ça mon cœur ? il est pas un peu rapide lui ?!
« Heu… Salut, désolée je ne voulais pas te réveiller, je.. tu prends un café ? »
« Oui oui, mais t’inquiètes pas je vais le faire ! »
Ça tombe bien, je ne sais pas où est la cuisine… !
J’enfile une chemise attrapée au passage et je le suis, on sait jamais, je me souviendrais peut-être de quelque chose. J’espère.
Je le suis, donc, à travers l’appartement. La cuisine a de grandes baies vitrées par lesquelles on aperçoit ce qui ressemble à un jardin. J’ai vu un escalier aussi dans le couloir, donc soit c’est un énorme duplex soit c’est une maison… Et des maisons, à Paris, c’est pas courrant… Où est-ce que je me suis encore fourrée ?!
L’endroit est sympa. Un peu froid peut être, mais j’aime bien les couleurs. IL passe dans la pièce à coté, me passant la main dans les cheveux au passage. Je déteste qu’on me tripote les cheveux ! Je le suis et entre dans le salon. Je ne sais pas trop quoi lui dire, je suis mal à l’aise, d’autant plus que lui semble trouver cette situation très naturelle. Je scotche un peu sur mon café, j’avoue. Et je réalise soudain qu’il est préparé exactement comme j’ai l’habitude de le boire, ça n’en a pas l’air comme ça mais c’est très étrange, parce que la « mixture » que je bois le matin n’a plus grand-chose à voir avec l’idée du café. Du moins en France, parce qu’en Italie c’est une boisson courante. Un « caffè latte » cafélate comme disent les serveurs et mixture ou truc comme disent mes collègues. Bref, il semble savoir ça. Parce qu’il ne m’a rien demandé. Ou alors ça aussi, je l’ai oublié… J’en pleurerais presque de rage, j’ai l’impression d’être soudain devenue amnésique… Mes yeux accrochent une photo au mur, on dirait une photo de ma mère… ! Je m’approche et finalement non, ce n’est pas ma mère, même si elle lui ressemble drôlement de loin.
Il y a du bruit à l’étage, une cavalcade dans l’escalier. Un chien ? Non, j’entends crier et rire, ce sont deux enfants qui déboulent devant moi, mince, il est gonflé ce type de ramener une nana chez lui alors que ses enfants sont là, j’appréhende un peu leur réaction… Le plus petit m’aperçoit, aïe, il court vers moi, et me saute dans les bras :
« Maman !! Et bah tu sais quoi, j’ai rêvé d’arc-en-ciel !!!! »
mardi 26 septembre 2006
jeudi 21 septembre 2006
Double 2
Bon anniversaire mon amour
Tu vois, je n’ai pas oublié.
Bon anniversaire mon amour
Pour toi, je vais tout oublier.
Bon anniversaire, qui que tu sois
Regarde, je ne suis plus là.
Bon anniversaire, bel inconnu.
Que je ne connais plus.
Je me suis dit ce matin que le plus beau cadeau que je puisse te faire c’est de sortir de ta vie.
Te sortir de ma tête. Demain c’est ton anniversaire et je ne serais pas là. Ensuite il y aura Noël, le nouvel an, la St Valentin, et je ne serais toujours pas là.
Tu as ta vie à vivre. Sans moi.
Quant à moi, après tout ce temps passé sous terre, sous l’eau, il va falloir remonter à la surface.
Il est grand temps de rallumer les étoiles.
Encore ? Oui, encore. On les a toutes récupérées cette fois.
Le Vieux Tétraèdre a pris son grand couteau et a ouvert une fente dans le dos du cochon pour en sortir l’étoile Polaire.
Elle est là, dans ma main. Je ne l’imaginais pas si petite, pourtant elle brille tellement fort, à m’en rendre aveugle. J’ai une étoile dans la main. Je l’ai prise pour remplacer l’ombre que j’ai dans le cœur. Je cherche encore de quelle façon je vais bien pouvoir la faire entrer.
Il fait beau aujourd’hui.
C’est un nouveau jour. Une nouvelle ère.
Bien sûr tu me manqueras. Je n’ai pas décroché les photos du mur. Je ne les ai pas non plus enlevées de mon portefeuille. Je rêve encore de toi parfois. De moins en moins, rassure-toi,
J’ai changé.
Je suis différente. Pleine. Enflée jusqu’aux ongles.
Pleine de vivres et d’alcool, de musique et de rires.
Mon ventre aussi est plein. Rond.
Je vais peut-être accoucher d’un hamburger. Ou d’un énorme éclat de rire coincé depuis des mois dans mes entrailles.
Je suis grosse-grasse-graisse. Gorgée de larmes qui ne coulent plus, de souvenirs indésirables.
Mais gorgée de gens aussi, de fous rires, d’histoires, de musique, j’ai tant d’images dans la tête qu’elles me sont descendues dans le ventre.
Mon ventre est gonflé et mes seins sont lourds, je pense qu’ils ne tiendraient plus dans tes mains aujourd’hui.
Gonflés d’attendre, peut être, mes seins. Ou de tendre. Ou détendus. Ou trop tendus.
J’ai une étoile dans la main et je ne sais qu’en faire.
La veux-tu ? Mon étoile Polaire ? Mon éclat de verre ?
Veux-tu de mes mots sur ton piano ?
Des mémos dans ton frigo ?
Un peu de Mo sur ton égo ?
Non, je sais.
Je la garde mon étoile. Polaire.
Bien au chaud.
Dans mon frigo.
Qui m’aime, me mange…
Tu vois, je n’ai pas oublié.
Bon anniversaire mon amour
Pour toi, je vais tout oublier.
Bon anniversaire, qui que tu sois
Regarde, je ne suis plus là.
Bon anniversaire, bel inconnu.
Que je ne connais plus.
Je me suis dit ce matin que le plus beau cadeau que je puisse te faire c’est de sortir de ta vie.
Te sortir de ma tête. Demain c’est ton anniversaire et je ne serais pas là. Ensuite il y aura Noël, le nouvel an, la St Valentin, et je ne serais toujours pas là.
Tu as ta vie à vivre. Sans moi.
Quant à moi, après tout ce temps passé sous terre, sous l’eau, il va falloir remonter à la surface.
Il est grand temps de rallumer les étoiles.
Encore ? Oui, encore. On les a toutes récupérées cette fois.
Le Vieux Tétraèdre a pris son grand couteau et a ouvert une fente dans le dos du cochon pour en sortir l’étoile Polaire.
Elle est là, dans ma main. Je ne l’imaginais pas si petite, pourtant elle brille tellement fort, à m’en rendre aveugle. J’ai une étoile dans la main. Je l’ai prise pour remplacer l’ombre que j’ai dans le cœur. Je cherche encore de quelle façon je vais bien pouvoir la faire entrer.
Il fait beau aujourd’hui.
C’est un nouveau jour. Une nouvelle ère.
Bien sûr tu me manqueras. Je n’ai pas décroché les photos du mur. Je ne les ai pas non plus enlevées de mon portefeuille. Je rêve encore de toi parfois. De moins en moins, rassure-toi,
J’ai changé.
Je suis différente. Pleine. Enflée jusqu’aux ongles.
Pleine de vivres et d’alcool, de musique et de rires.
Mon ventre aussi est plein. Rond.
Je vais peut-être accoucher d’un hamburger. Ou d’un énorme éclat de rire coincé depuis des mois dans mes entrailles.
Je suis grosse-grasse-graisse. Gorgée de larmes qui ne coulent plus, de souvenirs indésirables.
Mais gorgée de gens aussi, de fous rires, d’histoires, de musique, j’ai tant d’images dans la tête qu’elles me sont descendues dans le ventre.
Mon ventre est gonflé et mes seins sont lourds, je pense qu’ils ne tiendraient plus dans tes mains aujourd’hui.
Gonflés d’attendre, peut être, mes seins. Ou de tendre. Ou détendus. Ou trop tendus.
J’ai une étoile dans la main et je ne sais qu’en faire.
La veux-tu ? Mon étoile Polaire ? Mon éclat de verre ?
Veux-tu de mes mots sur ton piano ?
Des mémos dans ton frigo ?
Un peu de Mo sur ton égo ?
Non, je sais.
Je la garde mon étoile. Polaire.
Bien au chaud.
Dans mon frigo.
Qui m’aime, me mange…
mardi 5 septembre 2006
Rien
Il ne reste rien de nous.
Juste l’écho de nos cris.
Juste la peur de la nuit.
Il ne reste rien de nous.
Juste les traces de mes larmes.
Juste les miettes de mon âme.
Il ne reste rien de nous.
Pas même l’ombre d’un sourire,
Ni le dernier éclat de rire.
Il ne reste rien de nous.
Juste le froid et la peur.
Les blessures de mon cœur.
Et le bruit de tes coups...
Juste l’écho de nos cris.
Juste la peur de la nuit.
Il ne reste rien de nous.
Juste les traces de mes larmes.
Juste les miettes de mon âme.
Il ne reste rien de nous.
Pas même l’ombre d’un sourire,
Ni le dernier éclat de rire.
Il ne reste rien de nous.
Juste le froid et la peur.
Les blessures de mon cœur.
Et le bruit de tes coups...
jeudi 31 août 2006
Ils sont partis où mes reves ?

Petite fille,
je croyais qu’il suffisait de croire suffisamment fort à quelque chose pour que ça arrive.
Je n’ai pas reçu d’éducation Judéo-chrétienne, mon père étant un anti-religieux convaincu. Anarchiste également.
Je n’ai appris qui étaient Dieu, jésus & co que très tard, par ma grand mère, entre autres.
Il y avait une prière accrochée au-dessus du lit où je dormais, le « notre père », et je la lisais tous les soirs sans en comprendre le sens. Comme mon grand père était mort depuis longtemps et que j’étais dans la chambre de mon oncle, il me semblait logique que le « notre père qui êtes aux cieux » ce soit lui. À l’église, aux mariages de mes (nombreux) cousins, je demandais qui était la dame avec la robe bleue. Celle avec le bébé. Ma mère a mis beaucoup de temps à comprendre que je parlais de la statue de la Vierge… !
Mes parents n’ont jamais cru bon de me faire croire au père noël, non plus. Mais je savais que j’étais dans le secret des adultes et que les autres enfants ne devaient pas le savoir, alors je jouais le jeu. Comme avec la petite souris. Comme avec les cloches de pâques.
Je lisais énormément. J’ai appris à lire très vite (on m’avait dit que dès que je saurais, je pourrais arrêter l’école, en 3/4 mois c’était bouclé !) et j’avais la chance d’avoir des parents qui ne me cantonnaient pas aux livres de mon age. J’ai lu « les misérables » à 7 ans. J’ai détesté. Normal, j’étais trop jeune, mais surtout j’étais incapable de distinguer la réalité et la fiction. J’ai longtemps cherché à apercevoir les Hobbit et les Elfes, les sirènes, les Morgans, l’Ankou (oui je suis de Bretagne !), les fées, les Korrils, … Je n’ai jamais rien vu.
Je crois que je cherche encore pourtant.
J’ai longtemps vécu dans un monde où les grottes cachent des dragons dont les menhirs sont les œufs, un monde où les gentils gagnent toujours et où les méchants sont juste malheureux.
Un monde où il suffirait que je crie pour que le temps stoppe sa course.
Je n’ai jamais crié.
J’avais peur que ça arrive réellement.
Je ne parlais pas, j’observais, les gens, les choses, le fonctionnement du monde m’entourant.
Je me suis toujours posée en observateur.
Je me lie rarement, me livre encore moins.
Je ne fais pas confiance.
Je me sens rarement concernée par la marche du monde, les guerres, la famine, les épidémies, mais suis pourtant capable de fondre en larmes devant une injustice flagrante, un chien battu, un pigeon empoisonné, un chat écrasé. Je suis rarement touchée par les gens. Tout du moins ceux que je ne connais pas. Je suis peut-être une sorte de monstre d’égoïsme, pur produit de ce monde d’insensibilisation. On voit tellement de cadavres à la télévision qu’on en vient à ne plus faire attention. À confondre ceux des films et ceux du journal.
"Je suis resté assis sur mon lit très longtemps. Assis, comme ça, longtemps, longtemps. J'avais quelque chose de cassé à l'intérieur, je sentais ça dans mon ventre et je savais pas quoi faire. Alors je m'ai couché par terre. J'ai tendu le doigt avec lequel faut pas montrer et je l'ai appuyé contre ma tête. Et puis j'ai fait poum avec mon pouce et je m'ai tué."
C’est Gil qui a raison. Moi aussi je voudrais rêver d’arcs-en-ciel.
Peut être que si je crie…
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